Tundla junction (2/6), Vijli Bus Stand (suite)

Je suis revenu avec le numéro du quai d’où devrait partir le bus pour Tundla. J’avais été aidé par un homme d’une trentaine d’années qui parlait anglais et qui allait lui aussi à Tundla avec deux compagnons plus jeunes.

J’ai repris mon sac et nous sommes allés ensemble, elle et moi, jusqu’au quai. Lire la suite

Tundla junction (1/6), une jeune japonaise

Tundla junction – 15 mars 1996

Le cyclo-pousse avait voulu que nous repassions par l’échoppe de son « boss ». Il m’avait raconté une histoire un peu compliquée, comme souvent ici, mais je soupçonnais qu’il venait toucher sa commission (la veille, j’avais acheté là des bijoux en argent, deux bracelets de cheville et une bague). J’étais irrité mais j’ai fait contre mauvaise fortune bon coeur. Je suis resté assis dans le ricksha avec mon sac Adidas entre les pieds. Il était six heures et quart et mon train partait de Tundla vers minuit.

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Vers Palerme (4/4), approche de Palerme

17:00.- Avons attendu plus d’une heure à Messine, et le wagon s’est à nouveau rempli. Les deux nigauds blonds qui étaient assis de l’autre côté se sont assis en face de moi et puis une bande de jeunes italo-espagnols est venue occuper les places libres. A ma gauche un garçon à bouc, catalan, vient d’offrir un origami mignon à l’une de deux charmantes qui se sont assises de l’autre côté de l’allée, l’une en face de l’autre. Très mignonnes (italiennes, je pense), surtout celle que j’ai en face, en diagonale, blonde, bronzée, yeux noisettes, nez un peu busqué, dents pointues, l’autre: rousse bordeaux, peau très blanche, évidemment.

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Vers Palerme (1/4), Vintimille

Dimanche 20 août 2000

Vintimille, 21:50.- Le train n’était pas à Nice, il a fallu prendre un TER, bondé, jusqu’à Vintimille. Un train moderne, à plusieurs niveaux mais plus que plein, celui de huit heures qui a attendu jusqu’à neuf heures moins le quart pour démarrer. Et à Vintimille, gare obscure, chaleur moite, des odeurs d’Asie, des voitures sales, peinturlurées, taguées, mal signalées. Ma voiture 598 s’est transformée (je l’espère) en 498. « Non riservato » d’après les petits panneaux. Je m’en fous, j’ai une couchette en bas. Un jeune couple français me rejoint, le type a un air Tom Cruise et elle est une grande noire sculpturale aux yeux vagues de Marie-Jo Perec et un accent parisien un peu voilé. Ils viennent de Nîmes, et plus récemment de la voiture 98 (eux aussi ont leurs places réservées sur la 598). Lire la suite

Nemo à Mathura

(Nemo m’accompagnait, il m’a accompagné pendant tout ce trajet. Il m’a accompagné secrètement, caché de moi. Ce n’est qu’aujourd’hui, une fois rentré à Nice, à Nice que le gris du ciel, la petite pluie fine, rend plus européenne encore, ce n’est qu’aujourd’hui que je l’entrevois, que je le remarque, comme une ombre, un double, un décalage de moi-même. Un fantôme, une présence plus qu’une forme.

Il attendait la fin de l’après-midi, lorsque la chaleur fléchissait, pour aller se promener sur les quais.) Lire la suite

terrasse à Udaipur

Sur la terrasse d’un hôtel et le palais brillait dans le lointain et semblait dans la nuit une gigantesque pièce de joaillerie. Soni au milieu de ses garçons, ils mélangeaient du gin et du Thumb’s up. Ils se passaient la cigarette blonde à bout filtre que l’un d’eux avait allumée. J’étais là, moi, au milieu, je mangeais lorsqu’ils ne faisaient que picorer et je buvais de la bière. Et je les regardais, hébété et ignorant, voyageur, fatigué aussi et détaché.

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