notes parisiennes (4/6), Saint-Denis

Samedi dernier, dix juin, à St Denis. L’effet produit le plus extraordinaire ne l’est pas par la basilique, assurément très belle, mais par l’impression au sortir du métro de se trouver dans une petite ville de province. Une petite ville étrange d’une province inconnue. Quelque chose de Lyon, quelque chose de la Lorraine et quelque chose de certains quartiers excentrés de Paris. Nous sommes entrés dans la basilique, mais le chœur, où sont les tombeaux, était fermé, il fallait attendre 14 h 30, aussi pour acheter un guide. Alors nous avons visité une belle exposition de dessins et de peintures dans les tours au-dessus de l’avant-nef, j’ai failli acheter une lithographie. Puis nous sommes sortis de la basilique faire un tour en ville et boire quelque chose (il faisait chaud et lourd) en attendant deux heures et demi. Nous avons descendu puis remonté la rue principale. C’est une rue pleine de marchands de vêtements où les choses belles sont quelques cafés intacts et austères où il n’y avait rien à boire dont nous avions envie. A l’autre bout de cette rue il y a une église néo-romane hideuse censée répondre à la basilique. Nous nous sommes finalement rafraîchis dans un café modernisé en face de la basilique. Nous avons acheté des cigarettes anglaises. Il y avait à une table non loin de nous trois très jolies lycéennes et un jeune homme avec elles. Là je me suis dit que je me sentirais certainement beaucoup moins dépaysé dans n’importe quel café italien qu’ici, à quelques kilomètres de l’endroit où je travaille et habite et à quelques dizaines de kilomètres de l’endroit où je suis né. Je ne faisais que comparer le dépaysement, la non-familiarité où je me sentais alors à mes souvenirs d’Italie.

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