cabane (2)

C’est toujours ainsi: un moment du temps, une lumière, une température, une humidité, un moment, quelque chose d’intérieur aussi, une distance du sommeil, un état du ventre, un moment de la digestion, un goût de la bouche. Un arrangement de traces, de restes. Et c’était un commencement. Il était sorti sur le seuil de la cabane et regardait la première lumière matinale emplir la vallée, comme descendue, lentement coulée des montagnes sur les pointes desquelles le soleil avait d’abord cassé la nuit. La lumière était rose et dorée et elle lui semblait refléter la chair de l’endormie, de l’encore endormie derrière lui, dans l’obscurité de la cabane.

Je t’ai regardée dormir tandis que peu à peu l’encre de la nuit s’éclaircissait, que le ciel redessinait l’ouverture de la fenêtre et qu’apparaissaient les formes puis les couleurs de tes joues, de ton nez adorable et de tes lèvres. J’ai surveillé le souffle qui soulevait ta poitrine et faisait frissonner le seuil de ta bouche.