Le Pailler de Lacan (2/4), au Pailler

Ils sont venus m’attendre au train, à Nîmes, Antoine et Catherine, Fredi et Evelyne. Il est trois heures du matin. Evelyne est dans la voiture, elle essaie de dormir un peu.

La maison est à trois cent cinquante mètres de hauteur, au-dessus de prés en pente, dans les premiers reliefs. Je suis dans la cuisine, avec Antoine et Catherine. Je sors de ma besace un pain fourré d’olives, de piments et de légumes au sel, et baigné d’huile, que j’ai acheté tout à l’heure près des Folies Bergère. Antoine et Catherine se le partagent.

Je couche dans la plus belle chambre. Ce sera celle de notre mère. Mais pour le moment les meubles y sont posés sans ordre, et des caisses de carton empilées. Et il n’y a pas de porte, à peine si c’est une pièce. Au milieu on m’a préparé un lit étroit. Comme il n’y a pas de lampe près du lit, je me déshabille dans le noir et cherche le lit à tâtons. Au moment où je tire sur moi les draps, que je ferme les yeux, j’entends très loin chanter les coqs.

Je ne me réveille pas très tard. Après déjeuner, je suis le premier à monter se coucher. Les autres m’imitent. Je ne trouve pas le sommeil. Je redescends. Je trouve Fredi sur le palier. Nous entrons dans la grande pièce. Je prends un livre. Fredi s’est assis au milieu du canapé, il ferme les yeux, la tête en arrière. La grande pièce non plus n’est pas rangée. Elle semble un entrepôt. Certains meubles sont couverts d’un voile. Je sors sur la galerie devant la cuisine, je m’assieds sur une chaise et lis. Le soleil vient jusqu’à mes pieds. Il fait très chaud hors de la maison. Le livre, c’est « Lo libre dels grands jorns » de Joan Bodon, que Fredi a apporté avec lui. En fin d’après-midi je l’ai lu aux deux tiers. Je remonte dans la chambre et je m’endors.

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