L’Armée (5/10), 2ème récit (1/5), la ville jaune

Le vieux me dit: « Écoute ». Il recule un tabouret contre le mur et fait le geste de passer les mains sur les cordes d’un instrument, harpe ou lyre.

C’est une ville de briques, carrée, au milieu d’une steppe immense. La terre est jaune et il pousse une herbe jaune et dure. La ville est entourée de remparts très épais. Au milieu de chacun des quatre côtés est percée une porte. Les quatre portes sont identiques, elles sont protégées chacune par deux grosses tours carrées et de chacune des portes part une route, toute droite aussi loin que porte le regard. Les portes s’appellent porte de l’Ouest, porte du Sud, porte de l’Est et porte du Nord. Si par une nuit claire on cherche l’étoile polaire, on ne la trouve pas exactement au-dessus de la route du Nord. Chacune des routes se continue à l’intérieur de la ville par une rue très large et toutes quatre mènent à un palais fortifié entouré de fossés inondés. Derrière les murs il y a un grand parc, des ruisseaux, des buissons, des arbres, des fleurs, des massifs, des pierres étranges, toutes sortes de plantes ramenées de très loin, des pavillons de bois peints en rouge, vert et or. Au milieu du parc il y a un lac carré et au milieu de ce lac une île sur laquelle est construit le palais proprement dit. Ses fondations sont de pierre, de très grosses pierre non cimentées. Un seul pont, de pierre, traverse le lac jusqu’au palais, il est du côté sud. Dans le palais il y a cinq cents concubines et elles craignent pour leur maître. Près du palais sont les maisons des gens de qualité, chacune possède un jardin, certains délicieux.

A une quinzaine de lieues de la ville coule un fleuve. De chaque côté du fleuve est rangée une armée nombreuse.

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