Bougie

Elles ont loué pour lui une petite maison dans la ville haute, de ces demeures si souvent décrites qui ne communiquent avec la rue que par un étroit passage et reçoivent la lumière d’une cour intérieure sur laquelle ouvrent toutes les pièces.

Il y a à l’étage une grande salle claire et tout en haut une terrasse. De la cour décorée de carreaux de faïence bleus et verts monte le bruissement continu d’une fontaine.

C’est à Bougie, dans le quartier ancien, près des ruines. Elles ont poussé une porte peinte en bleu et l’ont fait entrer dans une maison fraîche et propre. Très fatigué il a dû s’asseoir. Il a demandé à qui était cette maison, Julie lui a mis en souriant un doigt sur la bouche.

Elles ont laissé pour le servir un petit garçon et une petite fille, le frère et la sœur. Comme ils ne parlent pas le français, il ne peut ni leur parler ni rien leur commander. Lorsqu’il tente de le faire par gestes, ils ne semblent pas comprendre les ordres les plus simples – mais, par ailleurs, ils font en sorte de devancer tous ses désirs. Quelques fois ils lui sourient.

Il était allongé à l’étage sur un divan, le désir troublait sa sieste. Il était seul dans la maison? On frappa à la porte?

Elles viennent souvent le voir puis Claire vient seule. Lorsqu’il lui demande pourquoi Julie ne vient plus, elle hausse les épaules.

Lorsqu’ils n’ont rien a faire, les enfants s’asseyent à même le sol sous le péristyle. Un matin il les entend se disputer dans la cour. Ils s’injurient et se jettent l’un contre l’autre.