Les Autels d’Alexandre (3/6), la maladie de Nemo (2/3), l’hôpital

Les Anglais ont établi leur hôpital dans un palais au bord du fleuve. On y a transporté Nemo blessé après qu’une patrouille l’ait trouvé gisant sur la rue.

Il reprit connaissance dans une longue salle voûtée. Son lit était au milieu d’une rangée le long d’un mur. Le sol était frais, on avait recouvert les mosaïques de carreaux blancs et noirs. Nemo était vêtu d’un pyjama. Personne ne bougeait. En face une balustrade surmontée de hautes fenêtres trilobées, faisceaux de colonnettes en place de trumeaux. Il traversa la salle de quelques enjambées et s’engagea jusqu’à mi-corps par une fenêtre. L’eau coulait vers lui et disparaissait sous le palais. Le fleuve reflétait la pleine lune. Nemo retomba dans l’inconscience.

Il s’est réveillé dans une longue salle voûtée. Les lits sont alignés perpendiculaires aux murs en deux rangées identiques et parallèles. Un des murs est percé de hautes fenêtres rectangulaires.

Deux infirmières l’ont déshabillé et rapidement toiletté. L’une est anglaise, son nom est Julie. Elle a la peau blanche, un beau visage et une belle poitrine, un nez petit, des cheveux marron frisés. L’autre est indienne ou métisse, son nom est Radda. Sa peau est mate, ses yeux sont grands, sa bouche charnue, ses cheveux longs et lisses. Toutes deux sont petites. A l’hôpital Nemo ne sera en contact qu’avec elles, elles le soigneront et pas un médecin ne viendra s’informer de son état. La salle restera vide d’autre malade.

Il était entré le 3 septembre. Le 10 il put se lever. Il allait jusqu’aux fenêtres en face de son lit, regardait couler l’eau puis retournait se coucher. Le 15, à cette date il avait pris l’habitude de longues conversations avec les infirmières. Le 13, et deux autres fois, l’une le suça. Elle s’écarta au moment de l’éjaculation et reçut le foutre sous la poitrine. Il tacha le corsage blanc sous les deux globes des seins. L’autre le branla quelquefois. Lorsqu’il allait éjaculer elle appliquait ses lèvres sur le gland et avalait le sperme. Nemo croyait qu’elles se cachaient l’une de l’autre. Plus tard il sut qu’il s’était trompé. Dans la maison sur la place il lui arriva de baiser l’une en présence de l’autre. Le 15 il déambulait entre les deux rangées de lits.

A chaque extrémité de la salle s’ouvre une porte. L’une donne dans une cage d’escalier, l’autre sur une galerie. Presque aussi longue que la salle, un retrait de la façade la fait plus étroite. Des chaises longues et des fauteuils y sont installés, d’où l’on voit par-delà la balustrade le fleuve et la rive droite. A partir du 21 Nemo passa le gros de ses journées dans cette galerie. Il restait dans une chaise-longue ou marchait doucement. Il allait rarement jusqu’au bout de la galerie. Il y avait là plusieurs portes et des infirmières passaient quelquefois. Il les salua d’abord de la tête puis, comme elles ne répondaient jamais, il les ignora.

Le 30 septembre Nemo remarqua des fumées sur la rive droite et des explosions assez lointaines. Le 1er octobre le calme habituel de l’hôpital cessa. La salle restait vide mais un va-et-vient incessant s’était établi au bout de la galerie. On transportait des militaires blessés, on en laissait en attente. Nemo put parler avec un jeune officier blessé au bras qui s’était assis près de lui. Des paysans s’étaient soulevés, entraînant à se mutiner plusieurs régiments indigènes.

Le 3, alors que pour éviter l’odeur qui infestait maintenant la galerie Nemo était resté dans le dortoir, les deux infirmières vinrent à lui alarmées. Les autorités militaires anglaises faisaient rechercher un européen. Elles avaient peur que ce fût lui. Elles expliquèrent qu’elles habitaient ensemble une maison dans un quartier périphérique, qu’elles pourraient l’accueillir. Elles lui procureraient des vêtements indigènes et le soir même il aurait quitté l’hôpital. Nemo accepta.

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