Le Monastère (1/5), le temple

C’ETAIT au cours du dixième mois, peu après mon retour de l’île aux singes. Je montai depuis les villages de la plaine, les collines en terrasses, à travers la forêt, les hautes clairières, les bois aux sentiers encombrés. Froid de sueur et le vêtement qui claquait dans les jambes, je montai jusqu’au monastère, le temple au sommet sous le dernier soleil.

Puis tout fut dans l’ombre et le ciel derrière encore clair. Le portier me fit entrer.

Du premier édifice, façade sombre, qu’entre deux escaliers faussement parallèles chaque palier répétait jusqu’au temple, je suivis un moins. J’attendis dans une cour dallée de calcaire.

Au dessin aperspectif de cours, de murs et de toits on a supposé l’orthogonalité de l’ensemble, le bois très dur et très sombre, les tuiles céramiques, et d’autres couloirs, à peine perceptibles, d’autres toits incurvés. Je remarquai les grilles de bois sur les ouvertures, les panneaux coulissants, comme sur le pan de mur adjacent ces portes pleines et étroites, ou fixes. Portes et fenêtres. A gauche du couloir d’un palier à l’autre une cour, à droite les cellules vides et identiques.

On avait laissé un bol de nourriture chaude sur la planche du lit. Dans un angle une jarre couverte d’une écuelle. La fenêtre était tendue de papier.

Le moine me fit entrer dans une cellule et me laissa. Le lit y était une planche de bois clair et lisse, montée sur pieds et pourvue d’un appui-tête tressé. Dans un angle on avait installé un phonographe mécanique et une pile de disques.

Je mangeai puis m’endormis.

Je me réveillai tôt et descendis me laver. Je déjeunai ensuite. Je ne rejoignis les autres qu’en début d’après-midi.

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